Les raisons de la dette publique : arnaques et enfumages du libéralisme, quelles solutions?

 

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Quand la "crise de la dette" devient prétexte à la casse sociale en Europe

 

Depuis le printemps 2010, la "crise de la dette publique" est devenu un prétexte à la mise en place de sévères politiques d'austérité en Europe. La Grèce a été le pays le plus dramatiquementfrappé par ces plans de rigueur imposés de façon répétitive par la Troïka UE/BCE/FMI et où l'innéficacité des précédents semble justifier l'intensification des suivants...

 

Il aurait été inconcevable d'imaginer il y a encore quelques années qu'un pays de l'UE eut été jeté dans une telle misère.

 

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Dans la foulée d'autres pays ont également ont également été touchés par ces politiques de régression sociale : le Portugal, l'Irlande ou d'autres pays qui ont été moins médiatisés (Roumanie, Hongrie...)

 

En Espagne, en Italie ou en France, l'exemple de la Grèce a fait l'objet d'un chantage pour imposer la régression sociale : en France, dès 2010, Sarkozy et Fillon jouaient la peur du scénario grec pour justifier leur réforme des retraites.

 

Il y a un intérêt chez Sarkozy et Merkel à tirer l'Europe vers le bas pour généraliser des mesures qui se ressemblent d'un pays à l'autre:

 

- coupes drastiques dans les effectifs publics (enseignement, santé...),

- recul de l'âge de la retraite (notamment jusqu'à 67),

- amputation du montant des retraites, des indemnités chômages ou autres allocations (dont handicapés),

- privatisations des ports, aéroports, du rail, autoroute et autres infrastructures publiques, diminution du salaire minimum,

- hausses de TVA et cadeaux aux entreprises (fiscaux et exonérations de cotisations)

 

...

 

La justification de ces politiques d'austérité repose sur une série d'idées reçues, d'approximations voire de mensonges assénés par la pensée unique libérale et colportées par une majorité de médias.

 

le mensonge de la hausse des dépenses publiques

 

L'idée-reçue la plus régulièrement invoquée est celle d'une "envolée des dépenses publiques". On "vivrait au dessus de nos moyens" ce qui expliquerait le déficit public et "donc" la dette.

 

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Le graphe ci-dessus démontre le contraire : en France, les dépenses publiques sont depuis quelques décennies stables voire même en diminution dans la part (%) qu'elles représenten vis-à-vis du PIB.

 

L'origine du déficit se trouve ailleurs : à savoir dans la baisse drastique des recettes publiques.

 

Aussi, avant la crise les déficits publics des pays de la zone euro (0,6% du PIB) étaient bien inférieurs à ceux des Etats-Unis, Grande-Bretagne ou Japon (3%) qui avaient déjà mis en oeuvre depuis plusieurs décennies de brutales politiques de régressions sociales et de casse des services publics (Thatcher- Reagan).

 

Le siphonage des recettes publiques : niches fiscales et exonérations sociales

 

La bilan de la droite depuis 2002 est notamment d'avoir offert environ 100 milliards de niches fiscales et baisses d'impôts aux plus riches, aux sociétés et aux revenus du patrimoine (Cours des Comptes).

 

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Les exonérations de cotisations sociales représentent environ 30 milliards de manque à gagner pour la Sécurité Sociale (même si ce dernier déficit  n'est pas statistiquement le plus important). 

 

 

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Quel est le poids de la crise (2008 - ?)

 

 

Même si elle n'explique qu'une partie de la dette, la crise a aggravé ce déficit et l'endettement public:

 

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La finance qui avait largement contribué au développement de "bulles spéculative" a fait payer aux secteurs de l'économie réelle le prix de sa crise. Entre 2007 et 2009, le déficit de la zone euro est passé de 0,7% à 6,3% du PIB.

 

Les plans publics mis en oeuvre pour remédier à la crise financière ont surtout viser à sauver banques et financiers(fauteurs de crise) plus qu'à soutenir l'économie réelle et la relancer. Par sa politique aveugle et crétiniste d'ajustement des déficits publics en dessous de 3%, l'UE a "interdit" aux états toute politique de relance volontariste par la dépense publique. 

 

Les règles de la création monétaire et la loi Pompidou-Giscard de 1973

 

Le déficit et l'endettement ont explosé avec la politique de cadeaux fiscaux octroyés par la droite (et sa gestion calamiteuse de la crise). Cependant, le développement de l'endettement remonte véritablement à la Loi Pompidou-Giscard de 1973, retranscrite dans les Traités de Maastricht (1992) et de Lisbonne (2008). La vidéo explique de façon très claire le mécanisme d'aggravation de l'endettement.

 

 


 

 Alors que la BCE a récemment prêté aux banques à des taux avoisinants les 0,01%, des taux 100 fois supérieurs sont ensuite imposés par ces dernières aux états. Ces taux moyens multipliés par le montant de l'endettement conduisent à verser des sommes collossales aux banques : en France ce sont 50 milliards qui sont ponctionnés chaque années par nos créanciers (soit le 2nd budget de l'état après l'éducation nationale).
Au final notre endettement public (1 600 milliards d'euros) est du même ordre de grandeur que les intérêts cumulés (1 400 milliards d'euros). La dette fabrique de la dette, cette logique est usurère!

Retour sur 30 ans de politiques néolibérales

 

La politique de cadeaux fiscaux octroyés à la finance, au patronat et aux plus riches n'est pas nouvelle. Ainsi le taux d'imposition à l'Impôt sur les Sociétés est descendu de 50%  à 33,3% entre 1985 et 1993.

 

Par ailleurs, le déséquilibre entre le part des revenus salariés dans la valeur ajoutée n'a cessé de diminuer au profit des revenus du capital. Alors que les revenus du travail perdait plus de 10 points de PIB entre les années 70 et aujourd'hui, le taux de rentabilité des placements financiers explosait de 3-5% à 15%.

 

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Un euro gagné par un salarié, par un rentier, un actionnaire ou encore un riche contribuable n'est pas dépensé de la même manière et au final c'est l'économie toute entière qui a été impactée par ces déséquilibres causés par une telle politique de déflation salariale. et qui a contribué à aggraver progressivement les déficits et de la dette depuis plusieurs décennies.

 

Pour compenser le manque à gagner, l'endettement publicest apparu comme une solution de secours qui permettait de justifier ensuite la mise en place de plans de rigueur  et de régression sociale (Réforme Balladur en 1993, Plan Juppé en 1995).

 

Dans les pays anglo-saxons l'endettement privé devait compenser la faiblesse des revenus salariés.Or c'est bien ce modèle qui est à l'origine de la crise.

 

Loin de tirer les leçons de l'échec de 30 ans de politiques de déréglementation financière et de déflation salariale, les dirigeants néo libéraux ont préféré parier sur la "fuite en avant" c'est à dire son intensification voire la liquidation intégrale de nos acquis sociaux.

 

Par un matraquage idéologique et médiatique permanent, il s'agit de culpabiliser le monde du travail pour lui faire endosser la responsabilité de la crise et de la dette.

 

Pour un audit de la dette, quelle relance de l'économie?

 

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Ce matraquage idéologique fait par ailleurs fi des leçons historiques que l'on pourrait tirer de la crise de 1929 : des politiques budgétaires orthodoxes avaient été mises en place durant les premières années (notamment par Herbert Hooveraux Etats-Unis) avec pour conséquence une aggravation catastrophique de la crise. 

 

La rigueur contracte la demande et aggrave la crise et les déficits.C'est au contraire une politique de relance par la dépense publique qui est susceptible de sortir de l'Europe de la récession.

 

Au coté de la "dette illégitime", c'est à dire contractée par les gouvernements libéraux et sociolibéraux (cadeaux fiscaux et excès spéculatifs de la finance), il existe une dette et un déficit légitimes et utiles qui correspondent à des investissements d'intérêt général et aux dépenses publiques nécessaires pour relancer l'économie et amortir le choc de la crise.

 

La règle du 0 déficita été appliquée par Salazar au Portugal de 1934 à 1974 pour en faire un des pays les plus pauvres d'Europe. Or c'est cette règleque l'UE, Sarkozy et Merkel entendent imposer et généralise toute l'Europe...

 

Le sens de la revendication d'un audit citoyen de la dette est justement de faire lumière sur la dette, son origine et de distinguer les mauvaises dettes qui servent l'enrichissement d'une oligarchie de la dette légitime indispensable pour la relance et le progrès commun.

 

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Sortons de ce "raisonnement de fou". Sortons de la rigueur ! D'autres pays l'ont déjà fait : Argentine, Malaisie, Islande et le ciel ne leur est pas tombé sur la tête... Quelques mesures (non exhaustives) pour rompre avec l'austérité et remédier à la crise de la dette :

 

- constituer un pôle bancaire public (politique sélective de crédit au service de l'intérêt public),

- réforme de la BCE avec possibilité de financement direct des états.

- annulation partielle et restructuration des dettes par les états surendettés,

-  hausse des bas salaires, investissements publics écologiques et sociaux, création d'emplois publics et développement des services publics...

 

 

sources (hormis liens) :

 

Nous, on peut! Jacques Généreux, 2011, Seuil

Manifeste d'économistes attérés, 2010

Attac Rhône

 


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