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Jeudi 8 novembre 2012 4 08 /11 /Nov /2012 13:18

L'enfumage de la "compétitivité" 


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Depuis plusieurs mois, nous avons droit à un matraquage médiatique permanent : le "coût du travail et les charges seraient trop élevés" en France ce qui expliquerait "un problème de compétitivité". Cette méthode d'intoxication de l'opinion est simple : répêter ce mensonge jusqu'à ce qu'il devienne vrai dans les esprits.


La compétitivité, un concept fumeux... 

 

Il faut en finir avec la compétitivité, concept fumeux produit de la transposition à la sphère maco-économique (nations et territoires) d'un concept initialement pensé pour la sphère micro-économique (entreprises) et qui fait l'impasse sur toute politique de relocalisation des activités industrielles, le coût du capital, l'impact d'un euro surévalué, l'accès au crédit et l'investissement dans la R&D...


Ainsi Paul Krugman estimait que "la compétitivité est un mot vide de sens lorsqu'elle est appliquée aux économies nationales. L'obsession de la compétitivité est à la fois fausse et dangereuse".

 

Nous allons voir que la compétitivité est avant tout un euphémisme pour pratiquer la dumping social et fiscal.


Coût du travail, productivité... déconstruire des mensonges 


 

Alors que le gouvernement s'avère incapable de mettre en place une politique de relance industrielle, notamment parce qu'il s'est fixé pour cadre le traité austéritaire voulu par Sarkozy-Merkel conduisant de facto à étrangler l'économie, il s'en remet au Haut commissaire à l'investissement, Louis Gallois dont le rapport remis le 5 novembre est un véritable plagiat du programme du MEDEF et de l'UMP...


Tout d'abord ce rapport est centré vers la fausse bonne idée d'augmenter les exportations quand on sait que ce sont les importations et les délocalisations qui creusent notre déficit commercial et que les exportations ne représentent que 20% de la richesse nationale produite par le  pays. Ce rapport fait l'impasse totale sur toute politique de relocalisation des activités industrielles et de protection vis-à-vis du dumping social et fiscal. 

 

C'est une politique de la demande et non de l'offre qu'il faut pour relancer l'économie ! Politique de l'offre qui n'a aucun sens l'euro étant surrévalué de 30% et qui conduirait à développer toujours plus le transport international des marchandises sans se soucier de l'impact écologique de ce dernier...

 

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L'exemple de Continental démontre que le chantage de la baisse des salaires et hausse du temps de travail conduit conduit de toute façon à de nouveaux plans sociaux...

 

L'idée d'une transposition du modèle Allemand n'a aucun sens : paupérisation du salariat (nombre de travailleurs pauvres le plus élevé d'Europe...) et baisse de l'espérance de vie en bonne santé donc dégradation de la productivité des travailleurs. Généraliser à toute l'Europe un modèle de désinflation salariale n'a aucun sens sauf produire un effondrement de la demande et causer une récession généralisée. Rappelons enfin que le coût du travail industriel y est plus élevé qu'en France... 

 

Enfin, il est de mise de s'en prendre au "coût du travail" sans jamais pointer le coût du capital. Or, entre le 1er trimestre 2007 et le premier 2012, les dividendes nets versé ont progressé de 27% alors que la masse salariale ne progressait que de 12%.

Quand Gallois larmoie que la "marge des entreprises" est historiquement basse il faut comprendre que c'est la marge des entreprises après prélèvement des dividendes qui est historiquement basse...

Le but de ce hold-up : attaquer les salaires 

Ce qui est en jeu dans le discours sur le "coût du travail", ce sont les salaires comprenant salaires nets + cotisations sociales (ces dernières constituant un salaire différé et socialisé finançant notre système de protection sociale - la Sécurité Sociale - hérité du programme du Conseil National de la Résistance.)

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Les cotisations sociales financent l'accès aux soins médicaux pour tous, les pensions de retraite, l'indemnisation du chômage et les prestations familiales.

Diminuer les cotisations sociales, c'est s'attaquer à ce salaire différé socialisé (et donc aux salaires) et cela conduit à  à dégrader les droits des assurés sociaux et/ou à mettre à contribution les salariés qui sont aussi des consommateurs en leur transférant via des augmentations de CSG ou de TVA le coût des cadeaux offerts aux employeurs.

Or n'est-il pas frappant que depuis les années 80, les revenus du travail aient perdu plus de 10 points dans le partage de la valeur ajouté et ce au profit des revenus du capital? Le hold-up continue...


salaires valeur ajoutée 

 

Le plan Ayrault : un hold-up supplémentaire de 20 milliards d'euros que supporteront les consommateurs et les services publics

 

Le Plan Ayrault annoncé le 5 novembre prévoie 20 milliards d'euros de crédits d'impôts accordés aux employeurs , c'est à dire 20 Mds de niches fiscales supplémentaires en plus des 30 milliards d'euros d'exonération de cotisations sociales et des dizaines de milliards d'euros de niches fiscales dont bénéficient déjà les entreprises et sans même parler de la suppression de la taxe professionnelle ou de la baisse du taux d'imposition des sociétés (entre les années 80 et les années 2000).

 

Les baisse d'impôts, niches fiscales et exonération de cotisation sociales dont bénéficient déjà massivement les entreprises n'ont jamais fait diminuer le chômage. Surtout que ces nouveaux cadeaux sont sans aucune contre-partie en termes d'embauche. Pourquoi cette amnésie et pourquoi poursuivre une politique qui ne marche pas?

 

7 milliards d'euros seront acquittés par les consommateurs via des augmentation de TVA : le taux principal passant de 19,6 à 20% et taux intermédiaire de 7% à 10% (donc hausse du prix des médicaments non conventionnés, de l''électricité, du gaz et des transports en commun) - la baisse du taux réduit 5,5 à 5% ne doit pas être "l'arbre qui cache la forêt")

 

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10 milliards d'euros de coupes dans les budgets publics en plus des 10 milliards d'euros déjà prévus dans le budget d'austérité en projet. Il faut dire que Hollande s'arc-boute sur l'objectif des 3% de déficit pour 2013 (cf. traité austérité et loi organique) au nom du respect des "engagements européens" - entendre engagement vis-à-vis de la finance, là où il ne cesse de trahir ses promesse électorales (hausse de la TVA ou pour taxation des revenus du capital comme ceux du travail).

 

 

 

 

Halte au hold-up social ! Halte à la casse sociale ! Halte aux mensonges! Hollande trahit ses engagements de campagne. Il ne nous reste désormais que la rue et la grève pour nous faire entendre. Participons massivement à la journée européenne anti-austérité du 14 novembre 2012.

 

 

Retrait immédiat du plan Ayrault-Parisot ! 

Par Méduse
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