En dépit de son engagement de renégocier le traité austéritaire Merkozy, François Hollande a fait voter par l'Assemblée Nationale la ratification du Traité austéritaire par 477 voix donc grâce aux voix de la droite.
Un certain nombres de députés PS et surtout EELV qui avaient voté non à la ratification du traité le mardi 9 octobre ont ensuite voté la loi organique mercredi, transcription légale du traité européen qui fige dans le marbre la règle d'or (0,5% maximum de déficit structurel autorisé), ce alors que la ratification du traité n'avait pas encore été voté au Sénat (jeudi 11 octobre)...
Alors que la pression monte : manifestation unitaire le 30 septembre (80 000 personnes) et manifestations à l'appel de la CGT (et de la Fédération Européenne des Industries) pour défendre l'emploi et contre l'austérité le 9 octobre (80 000 manifestants), le gouvernement choisit la procédure d'urgence pour fuire le débat.
Les choses ne s'arrêteront pas là : le parlement votera ensuite la loi de programmation budgétaire (2013-2017), le budget 2013...
Dans tous les pays où l'austérité a été mise en place (Grèce, Portugal, Espagne ou ailleurs), elle s'est traduite par la récession, l'explosion du chômage, la paupérisation de la population, la baisse des recettes publiques et donc l'aggravation des déficits, la casse des services publics, des acquis sociaux et du lien social.
Malgré la gravité de la situation, le gouvernement, relayé par quelques caniches médiatiques, a compris d'intérêt d'entretenir un climat de diversion où le fait divers tient lieu d'évènement principal et la ratification du traité reléguée au rang de fait divers...
Un certain consensus républicain qui voulait que la lutte anti-terroriste n'occupe pas de façon permanente le devant de la scène médiatique (pour ne pas faire le jeu des terroristes qui en plus d'assassiner partagent l'obsession de pourrir la vie publique) avait déjà volé en éclat sous Sarkozy. Manuel Valls poursuit dans cette lignée malsaine d'instrumentalisation et d'amalgame.
Le gouvernement veut faire passer en douce l'austérité ainsi que ses concessions au MEDEF et à la finance. Gouvernement qui s'interdit tout plan de relance de par la ratification du traité austéritaire et qui se montre incapable de protéger les salariés et l'emploi industriels des licenciements boursiers (PSA, SANOFI, ARCELOR MITTAL...) Alors que l'OFCE prévoit en France 300 000 chômeurs de plus pour 2013, ce gouvernement préfère reprendre les recettes du MEDEF de la droite libérale : transfert de cotisations vers les salariés via une hausse de la CSG sous couvert de "compétivité"
Et plus le gouvernement capitule face aux prétendus "pigeons" (il s'agit avant tout de gérants de fonds financiers...), plus la patronat se sent pousser des ailes ... Et plus les salariés devront se battre pour se faire entendre, sauf à être les dindons de la farce...
Pour résister contre ce plan d'austérité et de casse sociale, n'attendons pas la consigne.
Le rapport de force dépendra de la mobilisation populaire et des salariés qui doit être la plus large et massive : dans les entreprises, les services publics, la jeunesse, les quartiers...
Rien n'est joué d'avance.
L'expérience de rupture avec
l'austérité néo-libérale entreprise dans de nombreux pays d'Amérique Latine (Venezuela, Equateur, Bolivie, Argentine...) montre qu'il est possible d'espérer autre chose que la régression
sociale : il est vitale pour la gauche de déconstruire les
mensonges, les idées convenues assénées et qui ne correspondent pas à la réalité de ces révolutions politiques et sociales.
L'histoire montre que c'est de la colère sociale que peut surgir l'espoir et qu'il n'y aura pas d'alternative sans résistance aux attaques que nous subissions.
Autres sources : http://www.lepartidegauche.fr/actualites/dossier/traite-austeritaire-tout-connaitre-sur-le-traite-17039





